L’opportunité d’exposer les tissages des minorités du sud de la Chine et d’Asie du Sud-Est nous est aujourd’hui offerte par Madame Kuniko Takizawa. Cette collection remarquable par l’ancienneté, la rareté et la qualité des costumes acquis nous permet d’appréhender ces ethnies par des approches très diverses.
Les qualités purement esthétiques s’imposent tout d’abord à chacun d’entre nous. Couleurs, matières, jeu de lignes, plats et reliefs se côtoient,
s’allient, s’opposent. Chaque motif se veut identitaire de l’ethnie créatrice mais se fait également l’écho d’un patrimoine culturel universel, tel un alphabet aux lettres coutumières mais
cependant indéchiffrables. Spirales, losanges et dessins zoomorphes parent l’étoffe de motifs ancestraux dont les teneurs symboliques se perçoivent plus qu’elles ne s’expliquent.
Quelques femmes portent encore ces magnifiques costumes mais elles sont bien peu à résister aux impacts répétés d’une acculturation de plus en plus forte.
« Le Soleil et des Esprits » nous révèlent toutes les subtilités d’une culture asiatique extrêmement riche. La démarche entreprise par
Kuniko Takizawa va bien au-delà d’une simple collecte. On pressent aussi l’impérieuse nécessité de sauvegarder la mémoire de peuples dont la tradition vestimentaire, de la matière première à la
réalisation, est synonyme d’identité, de raison d’être.
Christine BOUILLOC
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Les éléments de parure, dépassant leur simple
fonction esthétique, se trouvent souvent investis d’une charge symbolique. Si nous ignorons toujours la signification des ornements préhistoriques, nous devons admettre que le fait de façonner de
l’os ou des coquillages, afin de pouvoir les porter en pendeloques, n’a jamais du constituer un acte anodin. Aujourd’hui encore, se parer d’une alliance, d’un collier ou d’un piercing est un
témoignage, au moins inconscient, de qui nous sommes et de comment nous nous représentons notre propre place dans les sociétés humaines auxquelles nous appartenons.