La Lettre internet de l'AM'A
Né à Nancy d'un père verrier et d'une mère brodeuse et coloriste experte, Francis Gruber s'initie dès son plus jeune âge à la sensibilité artistique. De santé fragile, passant des journées confiné chez lui, son enfance est aussi marquée par la découverte de la littérature où il puisera son lyrisme poétique et son sens de l'anecdote. Entré en 1929 à l'Académie scandinave, il suit les cours d'un des principaux représentants du fauvisme, le peintre Othon Friesz. A partir des années 1930, il participe à ses premières expositions, individuelles et collectives, s'imposant alors comme une figure de premier plan sur la scène artistique des années d'avant-guerre, aux côtés de Giacometti, Balthus, Faultrier et Buffet.
Artiste engagé et foncièrement humaniste, Francis Gruber traduit dans ses toiles l'angoisse existentielle née de la guerre : son style graphique, son réalisme expressionniste, ses figures anguleuses aux regards mélancoliques, la stridence des couleurs imprègnent ses toiles d'un souffle visionnaire. Militant convaincu de la figuration, fortement imprégné du poids de la tradition classique et de l'observation de la nature, Francis Gruber est un artiste profondément original mais qui demeure encore trop méconnu.
Une rétrospective organisée conjointement par le musée des Beaux-arts de Nancy et le musée Roger-Quilliot tente
aujourd'hui de réparer cette injustice.
Cette conférence exceptionnelle aura lieu au Musée d'Art Roger-Quilliot le 3 novembre 2009.