Récemment la conservatrice du Musée d'Art Roger-Quilliot a fait appel à notre
association pour enrichir le fonds des affiches du MARQ. Il s'agissait d'agir avec rapidité puisque les objets de sa convoitise devaient être cédés dans le cadre d'une vente chez Richmond &
de-Lamaze.
L'AM'A a répondu présente est s'est porté acquéreur de 3 affiches pour un montant total de 943,52€.
Parmi ces affiches voici celle réalisée par Louis Tauzin.
Né à Barsac (Gironde) le 21 juillet 1842 et mort à Royan le 31 août 1975, Louis Tauzin, peintre et dessinateur
lithographe est surtout connu pour ses affiches. Il travailla pour de nombreuses entreprises, et notamment pour les différentes compagnie de chemin de fer, vantant tour à tour Vichy, Gerardmer
ou Royan. Essentiellement peintre de paysage (un de ces petit format 13x22 vient d'être vendu chez Christies Londres pour environ 1200$), il réalisa également des tableaux d'intérieur d'usine
tel que "le souflage du verre" visible au
Musée de Meudon.
Géré par la société PLM, le (premier) train du Puy-de-Dôme circula de 1907 à 1926.
Dans cette affiche le sujet est traité de manière classique mais avec un certain goût du pittoresque. Ainsi, au
premier plan une place importante est accordée au motif du paysan menant son attelage, vraisemblablement composé de bœufs ferrandais. Dans les wagons on aperçoit des élégantes aux robes
claires. Au fond, le panache de nuage et le traitement en tons sombres du volcan renforcent son caractère de géant massif.
Dans les vignettes on reconnaît la ville de Clermont-Ferrand, vu depuis le pied du Puy-de-Dôme, ainsi qu'une vue du
laboratoire de météorologie installé au sommet depuis 1876.
Dans le cadre de l’exposition exceptionnelle intitulée « Couleurs d’automne » que
l’Ophis accueille jusqu’au 11 décembre 2009 et présentant 24 tableaux des peintres de « l’Ecole de Murols », Philippe Ausserve, le conservateur du Musée de Murol, animera 3 visites
commentées afin de vous faire découvrir ces œuvres.
Ces visites commentées et gratuites auront lieu :
- vendredi 6 novembre de 16h à 17h,
- vendredi 27 novembre de 16h à 17h,
- mardi 8 décembre de 16h à 17h.
Rendez-vous dans l’Entrée des Artistes au siège social de l’Ophis, 32, rue de Blanzat à Clermont-Ferrand.
L'association propose de rencontrer, le 10 novembre 2010 à 20 h 30, un peintre et un sculpteur : Gilles Cohendy et Marguerite Noirel. Cette soirée se déroulera à l'UFR de Lettres, boulevard
Gergovia, et sera animée par Daniel Lamotte, critique d'art, qui pour préparer à cette rencontre a écrit les textes suivants :
Marguerite Noirel- Celle qui rend à la vie
Marguerite Noirel recueille des ustensiles de cuisine détériorés, de vieux outils, généralement incomplets, des fragments de machines ou de voitures, des tôles froissées ou encore des objets
creux. Car le vide peut jouer un rôle aussi important que les pleins.
La Mort, autrement nommée la Déchirure, a rempli son atelier de débris provenant de désastres. Ce cimetière sans épitaphes est un champ de bataille dont les morts rangés par régiments nagent dans
l'oubli, ne pouvant croire à un sort meilleur. Pourtant, celle qui rend à la vie, l'oiseau évaporé et lunaire au cœur généreux, choisit régulièrement parmi ceux-ci celui qui doit entrer dans un
nouveau temps, celui qui doit renaître sous une autre forme. L'élu subit une métamorphose. Sa mort est expiée par l'incessant calvaire du feu. Petit à petit, tous les moignons entrent sur une
scène par eux inexplorée, acteurs tragiques d'un théâtre bouffe, sur un scénario à la fois inédit et éternel.
Tous les objets ainsi issus forment une société vivante, avec ses tensions et ses disparités. La fureur de certains de ces êtres à endosser leur rôle n'a d'égale que leur grossièreté ridicule.
D'autres attendrissent et d'autres repoussent, mais toujours leur laideur touche à la beauté sublime. Quelques-uns étonnent par l'élégance de leurs gestes ou de leur posture dansante. De
l'ensemble ressort une finesse psychologique hors du commun et une critique féroce de la société humaine. Les spectres échevelés revivent pour tirer la langue à l'avenir.
Gilles Cohendy
Le geste du Gilles se reflète sur le miroir blanc de la toile où la pâte prend les couleurs de son humeur fougueuse.
Comment dire que la colère peut se transformer en un trait vif, marqué d'encre écarlate ? Ou que la tristesse d'un jour peut couler en larmes grises le long d'un épais brouillard jaunâtre ? Ou
que l'amour peut flotter en auréoles adoucies dans des tons orangés au-dessus de taches saumâtres et ternes ?
Nébuleuses, les brillantes rêveries n'en forcent pas moins le respect. Le pointillisme de leurs voyages assure un fond cohérent sur lequel le Gilles va jeter ses teintes.
Sa main experte dessine soudain une courbe d'un vert profond dont l'aboutissement est une pique dans le ciel. Il gratte alors cette blessure dont il traîne le sang sur la candeur du fond,
accentuant ainsi la douleur de sa recherche.
En chef d'orchestre sûr de lui, il lance une petite boule outremer qui, telle une météorite s'écrasant sur la trame inerte, forme un cratère béant courbant le dos sous les coups.
Le Gilles retrouve ses souvenirs et d'un doigt délicat caresse la pâte encore molle. Il la presse et l'étale avec sensualité.
Puis, décidé, il s'empare d'un couteau et lacère toute l'image de violents coloris. Une multitude de stries verticales chamarrées troublent la vue. Le vertige s'empare de l'artiste.
Alors le Gilles s'apaise et d'une brosse enchantée écorne les pointes, rabat les feuillages les plus denses, donne du flou aux masses corpulentes. Et de son pinceau caressant, il tapote la toile
qui vibre de plaisir.
Pour prendre une respiration culturelle dans une journée de travail, et
parce que les horaires des musées ne sont pas toujours très pratiques, le Musée Bargoin vous propose de découvrir ses collections en vous appropriant un objet bien particulier de celles-ci au
moment de votre pause-déjeuner.
Le 6 novembre 2009, à 12h30, au
département archéologie : "La conservation des textiles archéologiques".
Né à Nancy d'un père verrier et d'une mère brodeuse et coloriste experte, Francis Gruber s'initie dès
son plus jeune âge à la sensibilité artistique. De santé fragile, passant des journées confiné chez lui, son enfance est aussi marquée par la découverte de la littérature où il puisera son
lyrisme poétique et son sens de l'anecdote. Entré en 1929 à l'Académie scandinave, il suit les cours d'un des principaux représentants du fauvisme, le peintre Othon Friesz. A partir des années
1930, il participe à ses premières expositions, individuelles et collectives, s'imposant alors comme une figure de premier plan sur la scène artistique des années d'avant-guerre, aux côtés de
Giacometti, Balthus, Faultrier et Buffet.
Artiste engagé et foncièrement humaniste, Francis Gruber traduit dans ses toiles l'angoisse
existentielle née de la guerre : son style graphique, son réalisme expressionniste, ses figures anguleuses aux regards mélancoliques, la stridence des couleurs imprègnent ses toiles d'un souffle
visionnaire. Militant convaincu de la figuration, fortement imprégné du poids de la tradition classique et de l'observation de la nature, Francis Gruber est un artiste
profondément original mais qui demeure encore trop méconnu.
Une rétrospective organisée conjointement par le musée des Beaux-arts de Nancy et le musée Roger-Quilliot tente
aujourd'hui de réparer cette injustice.
Cette conférence exceptionnelle aura lieu au Musée d'Art Roger-Quilliot le 3 novembre 2009.